Oye Oye

Même si nous sommes revenus en France (avant de redécoller pour la Papouasie dès jeudi 2 mars), nous sommes heureux de pouvoir partager avec vous tous notre voyage en Patagonie et désolé d'avoir été aussi long.

Dans cette immensité féérique et envoutante, nous avons profité de nos derniers jours au Chili pour visiter le Parc National Torres del Paine. Alors profitez de ces photos avant celles de Papouasie....

A bientôt à tous, et on espère pouvoir partager avec vous quelques instants inoubliables avant de repartir !!!!

 

Et Dieu créa le Chili…

Ici, une légende raconte que quand Dieu créa la Terre , il inventa des déserts de sable ou de glace, des forêts, des montagnes, des plaines, des lacs, des mers, des îles, des volcans… qu’il répartit dans les différentes régions du globe. Quand il eût fini, il réalisa qu’il lui restait un peu de chacun de ces ingrédients. Alors il prit le tout dans ses mains, le mélangea, et le jeta dans un coin, créant ainsi le Chili, échantillon du monde entier.

Le Chili est un drôle de pays avec autant de merveilles naturelles que de curiosités culturelles. Nous les découvrons avec beaucoup de plaisir et d’impatience de les partager avec vous.

Aussi, c’est avec beaucoup d’émotion que nous vous annonçons enfin cet heureux événement : notre blog est né !

Alors, attachez vos ceintures, vous allez bientôt décoller. Voyagez avec nous à travers nos yeux, nos papilles, nos passions ou nos vices (!!!) et découvrez cette palette du monde qu’offre le Chili. Vibrez au rythme de nos aventures et envoyez nous vos impressions.

Prêts pour le grand voyage ? Choisissez votre destination selon vos envies : grands frissons, balades, gourmandises, anecdotes, tout y est… Il ne nous reste plus qu’à vous dire : 

Bienvenidos a Chile y buen viaje !

 

 

Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /Déc /2005 17:56

Rassurez vous, je vais faire plus court que mon premier article pour vous raconter la suite de nos péripéties liées à notre chère et tendre phase de terrain.

 

Mardi 22 novembre. Au programme le transect n°3. il a l’air plutôt sympa avec 1000m de dénivelé (sans aucun chemin bien sûr), des pentes jusqu’à 100% et pleins de végétations à découvrir et à comprendre.

Le temps ne sera pas avec nous car comme d’habitude, il pleut. Nous commençons la marche avec Simon avant de nous apercevoir, au bout de 50m, que se dresse devant nous un véritable mur de Quila. Je vous explique ce qu’est la Quila (un « maricon » selon Pépé). C’est une sorte de bambou, incroyablement dur (les indiens Mapuches s’en servaient comme lance) qui atteint 3-4m de haut, rejètent de partout en prenant un malin plaisir à s’entrelacer ! pour vous faire un résumé, nous avons mis plus de 2h à effectuer 200m en glissant, tombant, rampant, escaladant…….mais rien n’y fait, nous ne pouvons pas passer malgré toute notre bonne volonté (voir photo n°9). Après avoir insulté cette plante en chti et en sudiste (ça change rien mais ça soulage), nous décidons de redescendre vers la route afin de remonter quelques dizaines de mètres plus loin pour trouver un moyen de contourner ce « maricon ». la seule chose dont nous rêvons à ce moment précis, c’est de rentrer à la cabaña, prendre un café bien chaud, une bonne douche bien chaude et se mettre au coin du feu bien chaud (j’ai l’impression d’avoir mis beaucoup de fois le mot « chaud » dans cette phrase…), mais il est que 14h et le chauffeur ne vient pas avant 18h (merci la CONAF de ne pas vouloir nous confier de voiture alors que je suis un véritable pilote et qu’il en ont pleins à disposition !!!) Donc quitte à tuer le temps, autant marcher un peu, au moins cela nous permettra de nous réchauffer un peu………………………Après une après-midi interminable, nous trouvons un moyen pour une future ascension de cette montagne gagnant ainsi (ben ouais, Simon il a chopé le pompon) un nouveau ticket et le droit de rentrer à la maison.

Il faut préciser qu'une fois à la maison, la journée est loin d'être finie…Il est en effet nécessaire de mettre tout le barda a séché autour de notre petit poêle (histoire de commencer la journée du lendemain avec des affaires sèches! voir photo n°12) puis de déterminer toutes les plantes que nous n'avons pas réussi à identifier sur le terrain. Une fois tout cela effectuer et une fois prévu le programme du lendemain, on a bien mérité notre lit!!!!!!

Bilan de la journée : trop de quila, trop de pluie, 0 point effectué !

 

 

Mercredi 23 novembre. Au programme le transect n°6. Tout est organisé, un petit propriétaire doit nous accompagner au moins jusqu’à l’entrée de la réserve.

Nous arrivons, toujours sous la pluie battante (ça va commencer à vous lasser que je le précise…mais on peut la partager un peu avec vous, non ?) dans sa toute petite maison (voir photo n°10). Sa femme nous accueille avec gentillesse et simplicité et le temps que son mari se prépare, elle nous sert un café, du pain maison avec du beurre (délicieux) et des rosquitas maisons (sorte de bugnes, délicieuses).

Le ventre bien plein, nous partons pour le transect. Nous suivons notre gus, dans un labyrinthe de « chemins » forestiers gorgés d’eau. Il monte à un sacré rythme et ce chemin me semble interminable. La limite de la réserve devrait se situer vers 750m d’altitude et à 2km de la maison. Au bout du compte, nous arrivons à cette fameuse limite au bout de plus de 4km de marche et à une altitude de 1000m ! Précision chilienne !!! autre élément étrange, nous devrions nous trouver dans un peuplement « banal » alors que nous sommes au beau milieu d’une magnifique forêt d’Alerce pur (vous découvrirez dans un prochain article, pour ceux qui ne le savent pas, ce qu’est précisément cet arbre majestueux, protégé et en voie de disparition). Juste le temps de casser la croûte, que nos pieds et nos doigts sont congelés. Comme s’il ne manquait plus que ça, le tonnerre gronde au loin et au bout de quelques instants, un énorme orage de grêle s’abat sur nous, nous obligeant à s’abriter sous les arbres. Cela fini de nous congeler et sans la force ni la motivation de faire un point de sondage, nous décidons de redescendre vers la maison (c’est quand même pas très sûr de rester au beau milieu de la forêt en pleine montagne pendant qu’un gros orage passe au dessus de vos têtes !). nous redescendons rapidement, peut être trop, car même avec notre guide, nous nous retrouvons perdus au milieu d’un champ de…quila (un point pour ceux qui ont répondu avant la réponse devant leurs ordinateurs et pour ceux qui ne savent pas encore ce que c’est, vous avez mal lu ou pas encore lu le premier article sur la phase de terrain !) Après une heure de lutte et d’énervement pour progresser, nous arrivons enfin à sa petite chaumière (voir photo n°11).

Et là, c’est le bonheur. Notre hôte a déjà mis la table et nous prie de nous asseoir. Elle nous sert de la cazuela (le plat typique et quotidien de la campagne chilienne, qui est en résumé un potage de légume avec des morceaux de bœuf et de poulet) accompagné de pain maison. Puis vient le thé et les rosquitas maisons à volonté. Ca nous touche profondément et nous réchauffe que cette famille très modeste souhaite partager tant de choses avec des petits français débarqués de nulle part. Nous avons ensuite bien discuté en attendant le chauffeur et ils n'ont pas voulu nous laisser partir sans nous offrir de nouvelles rosquitas pour la maison et sans nous inviter à passer pour Noël…

Bilan de la journée : trop de froid, trop de quila, O point effectué mais une rencontre plus que chaleureuse!!

 

 

Lundi 28 novembre. Au programme, le même transect que mardi dernier mais cette fois-ci en connaissant le bon chemin pour l'ascension. La majeure partie de la journée se passe comme prévu, sans trop de pluie (exceptionnel), sans trop de quila (encore plus exceptionnel) et on arrive même à faire des points de sondage (inespéré).

C'est d'ailleurs en faisant un de ces points que je sens un truc me piquer au niveau de la cheville, je tape dessus pensant que ça doit être un moustique ou une araignée…Quelques temps après, je regarde la zone de la piqûre car ça continuer à me "chatouiller". Surprise. Une sangsue s'est installée et se remplit la penche de mon sang. Après avoir réfléchis à comment la tuer, Simon allume une clope et brûle la sangsue avec la braise. Radicale!!! Au cours de l'après-midi, deux autres sangsues s'installèrent au snack-bar-friterie-fricandelle "Chez Pierrot" en paraissant plutôt heureuse du service offert mais en trouvant la note mortelle!

17h. Après avoir fait un dernier point d'échantillonnage, il est largement l'heure de retourner vers la civilisation. On descend rapidement tout ce que l'on avait grimpé avant, de se sentir un peu perdu.

17h45. Les derniers nuages se sont levés et on ne reconnaît ni le lieu, ni la vue qui s'offre à nous. On regarde sur le GPS et on s'aperçoit que l'on est beaucoup trop au sud du sentier. Il s'agit maintenant de trouver un chemin de traverse pour rejoindre la route et le chauffeur qui vient nous chercher vers 18h. Quelques centaines de mètres nous séparent du but.

18h05 : à l'heure "française", nous sommes bel et bien en retard. Incroyable, nous nous heurtons de nouveau à un impénétrable mur de Quila. Tour à tour, Simon et moi prenons la tête pour motiver l'autre et trouver de nouveaux passages, zigzagant, rebroussant chemin, ouvrant des trouées, traversant à la barbare tout en commençant légèrement à s'énerver.

18h40 : Simon commence à perdre ses nerfs et la Quila découvre, avec plaisir et une légère indifférence, le vocabulaire d'insultes du Sud. On en peut vraiment plus et Simon s'allonge de plus en plus fréquemment dans la Quila  espérant peut être que la route va venir jusqu'à lui…Je finis par trouver le chemin qui nous mène à la route…

18h50 : Il est bon de sentir l'odeur du doux macadam. Sur le trajet vers le point de rendez vous, nous croisons notre chauffeur!!! A savoir s'il rentrait sans nous avoir trouvés, on n'aura jamais la réponse…

Bilan de la journée : deux français énervés perdus dans la réserve, trois sangsues chiliennes repues mais malencontreusement décédées et trois points effectués!

Par Pierrot - Publié dans : Notre quotidien
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Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /Déc /2005 17:41

Nous avons enfin commencé notre phase de terrain avec Simon. Le but est de se «balader» (sachant que plus de la moitié de la réserve a des pentes supérieures à 60% et aucun chemin d’accès, tranquille ! ! !) dans la majeure partie de notre réserve afin de connaître les différentes stations forestières.

 

Nous avons donc fait une réunion mardi 15 novembre avec les différentes personnes concernées au sein de la CONAF (l’organisme qui s’occupe de la gestion des forêts chiliennes et où l’on fait notre stage) afin de régler toutes les modalités pour notre étude : la voiture, le chauffeur, l’aide de spécialistes et de guadaparque sur le terrain... donc tout devait, normalement, bien se passer.

 

Vendredi 18 novembre : 6h45. Le réveil sonne, il est vraiment trop tôt. Je souhaite une bonne fin de nuit à Laure et me dirige à moitié congelé vers la cuisine. Je tends l’oreille et me rends compte que le doux bruit de la pluie résonne dans notre cabaña : la journée promet d’être humide ! ! ! Je prépare le ptit déj de Sim puis, je mange mes habituels et merveilleux Chocapic (il faudrait que je me fasse sponsoriser par Nestlé !). On se prépare et on file prendre le mini bus. Après 15mn d’attente, 30mn de trajet, 15mn de marche (la routine), nous arrivons au bureau à 8h25. Normalement le chauffeur devrait être prêt à nous emmener. Chiliennement, aucun chauffeur n’est prévenu et nous poirotons plus d’une heure sans savoir s’il sera au final possible de faire notre sortie. Le chauffeur arrive et suivent 45mn de rallye sur les routes boueuses et pourries de la campagne chilienne. Nous arrivons chez le garde qui doit nous accompagner. Il nous attendait depuis 9h du mat (et oui ça existe les Chiliens ponctuels, on n’y croyait plus). On part en 4x4 vers notre transect. On s’arrête après quelques minutes de route et le garde nous explique que l’on ne peut pas aller plus loin en voiture et qu’avant d’atteindre le transect où l’on veut faire les points d’échantillonnage, il y a 2h de marche ! On voit avec le chauffeur pour qu’il vienne nous chercher vers 18h à la maison du garde ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Nous voilà donc parti avec Ivan Bargas vers le « cerro la Botella ».

 

La marche est plutôt agréable, malgré la pluie battante. Nous traversons quelques rivières sans encombre grâce à nos talents d’équilibriste (voir photo n°7 de l'album). Dans ce labyrinthe de sous-bois même notre guadaparque en perd son sens de l’orientation (voir photo n°6). Après quelques hésitations et quelques détours, nous approchons du but. Il ne reste plus qu’à traverser el río del Este. Facile à dire. Après 15-20mn d’essais infructueux de traversée au sec et de tergiversations, nous décidons d’atteindre l’autre rive en remontant les pantalons et en prenant un passage le moins profond possible. L’eau est glacée (normal, elle vient directement du glacier situé au sommet du volcan de notre réserve) et s’engouffre, avec plaisir, dans nos chaussures. C’est bon, nous sommes passé. Il est l’heure de casser la croûte (de bons ptits sandwiches préparés par notre petite Laure). Qu’il est agréable de manger avec 2cm d’eau dans les chaussures.

 

Nous voilà partis pour notre premier point de sondage. Il nous faut monter sur le versant de ce cerro mais cela s’avère rapidement compliqué. En effet, devant nous se dresse un sous-bois de 6m de haut impénétrable. Nous arrivons en se faufilant à progresser de quelques mètres, décidant au bout de cette lutte de se contenter de ce peuplement pour faire notre étude. Simon creuse le trou pour l’analyse pédologique (et ouais, moi je ne peux rien faire avec mon épaule ! Je lui dirais qu’à la fin de la phase de terrain que c’était du bluff...) pendant que je fais un tour pour analyser la flore. Nous remplissons la fiche ou plutôt ce qui devrait être une fiche car le papier n’aime pas trop la pluie... Après de nouvelles traversées de cours d’eau et quelques escalades, nous faisons sans trop d’encombres deux nouveaux points. On se satisfait de cela et décidons de rentrer.

 

Nous revoilà devant ce sacré río del Este qui, avec la pluie, a sacrément gonflé depuis notre première traversée. Le garde trouve un chemin en marchant tout d’abord dans le lit, puis en atteignant un gros roc, avant de sauter, depuis ce dernier, dans l’eau entre 2 rochers, pour finalement atteindre l’autre rive. Simple, non ? (je suis sur que vous n’avez rien compris à mon explication...) Simon y va en premier (pendant que je le filme, c’est assez marrant !) et réussit pas trop mal. A mon tour d’y aller. Depuis le roc, je balance tout le matos á Sim avant de me lancer. Simon se met en face pour éviter le moindre choc à mon bras. Je saute, trébuche en arrivant dans l’eau et atterrit... au beau milieu des bras de Simon avec lequel on tombe à la renverse (promis Claire, dès notre retour, les câlins de Sim ne seront que pour toi ! !) Tout va bien, on peut reprendre la marche. Nous arrivons enfin à la maison du garde vers 16h45. Il ne reste plus qu’à patienter une grosse heure......

 

On enlève les chaussures (Simon avait un saumon à l’intérieur) et on rentre dans cette belle chaumière tout en bois. Il nous propose un café que nous acceptons avec plaisir. Et quel café ! Il nous le sert avec un peu de miel local et un bouchon de pisco. Vraiment délicieux, cela nous réchauffe et nous récompense de cette longue et dure journée. L’ambiance générale est relaxante. Ivan, fan de celle-ci, met un CD de Maria Calas et nous explique avec admiration ce qui fait d’elle la meilleure soprano de tous les temps... Le temps passe tranquillement et la voiture devrait arriver dans quelques instants (reste à savoir combien de temps dure un instant au Chili ?) On discute avec Ivan de la ponctualité chilienne et il est d’accord avec nous pour dire que le Chili est dans les profondeurs du classement à l’échelle internationale dans ce domaine là. Ca y est le chauffeur est en retard ! Il est 18h30 et commence à germer quelques inquiétudes dans la tête de Simon et dans la mienne. Heureusement que Ivan a pleins de choses à nous raconter pour faire passer le temps. Il nous explique les bouleversements écologiques qu’a subi la zone depuis l’installation de la centrale hydroélectrique et des piscicultures. Il nous parle de géologie, d’environnement et d’ornithologie. Ce sujet intéresse particulièrement Simon qui reste pantois quand Ivan nous explique la relation étroite et particulière qu’il a établi avec un couple de rapaces : le Tiuque. En plus d’étudier ses habitudes et ses particularités, Ivan partage avec ces oiseaux une interdépendance amusante. Dès qu’il siffle, les oiseaux lui répondent et rejoignent les abords de la maison. Et cela est valable dans l’autre sens. Même si l’on ne s’ennuie pas, le temps commence à être long. Il est 19h30, sachant que la CONAF ferme à 16h45 le vendredi…

 

Nous n’avons quasiment plus aucun espoir concernant la venue de notre chauffeur. Nous sommes donc à 40km de la première route goudronnée, sans moyen de communication et sans aucun moyen de locomotion !!! on commence à s’inquiéter, surtout quand Ivan nous annonce qu’il n’y a plus de bus à cette heure-ci, qu’il y a peut être un téléphone qui fonctionne dans le village et qu’il y a une voiture en tout et pour tout… Ivan nous propose gentiment de nous prêter des vêtements secs, de préparer à manger, de dormir chez lui et de repartir le lendemain matin avec le bus de 8h. Mais il y a plusieurs problèmes : tout d’abord Laure est toute seule à la maison et va bientôt commencer à s’inquiéter et le lendemain on prend le bus pour l’Argentine à 8h !!! Tout se complique.

 

Nous décidons avec Simon de partir à la quête d’un moyen de transport. 1ère étape et pas des moindres : remettre les chaussettes et les chaussures…nos pieds se congèlent immédiatement et nos dents battent le même rythme effréné. Nous revoilà partis sous la pluie battante direction le bord du lac. Après s’être trompé de maison, nous apercevons enfin une cabane à côté de laquelle se trouve un pick-up : notre sauveur ! Une femme vient nous ouvrir et après en avoir discuté avec son mari, elle nous annonce qu’il n’y a plus d’essence dans la voiture (il faudra que l’on nous explique comment, sans essence et sans pompe à moins de 50 bornes, il compte faire ?!). On commence vraiment à désespérer. Notre dernier espoir devant nous. Une ultime maison à côté de laquelle est garée une voiture. On sonne, une jeune femme nous ouvre, on lui explique la situation (ce qui l’a fait rire), elle appelle son mari toute surprise de voir deux ptits Français, trempés et gelés, sonnés à sa porte en cette heure tardive, dans ce coin paumé. Après quelques hésitations, ils acceptent (il faut dire qu’avec Simon, on faisait la tête du chat botté dans Shrek 2). Nous sommes fou de joie à l’idée de pouvoir rentrer. Nous installons la batterie (et éprouvons quelques frayeurs en entendant les broutements de la voiture qui refuse de démarrer) et nous partons direction Puerto Montt toujours sous le déluge. Arrivés à Puerto Montt et après les avoir remerciés des dizaines de fois, nous prenons le bus qui nous mène jusqu’à Puerto Varas avant, ENFIN, de regagner notre logement !!!! Laure est là, morte de peur mais heureuse de nous voir rentrés. Il faut dire qu’elle a eu le temps de se faire un sang d’encre, il est 22h

 

Dernière chose, nous apprenons qu’il y a une coupure d’eau, la douche chaude tant espérée devra attendre. Allez Marcel Bellivaud, sors de ta cachette, c’est « surprise-surprise ».

 

Voilà donc comment se passe notre phase de terrain avec ces chiliens tête en l’air et ce temps apocalyptique. Espérons que les prochains jours seront plus calmes, plus secs et plus efficaces.

 

 

 

Par Pierrot - Publié dans : Notre quotidien
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /Déc /2005 16:11

Au risque de passer pour une alcoolique et de perdre tout anonymat, je publie cet article pour la culture de tous. De toute façon, pour beaucoup d’entre vous ma réputation me précède déjà, de manière tout à fait involontaire et injustifiée. Je n’ai plus rien à perdre, et puis j’assume ! Je tiens également à dire pour ma défense que j’ai démarré dans la vie avec un certain désavantage génétique qui me prédisposait à me retrouver presque fatalement, mais bien sûr toujours innocemment, avec plus d’un verre à la main... Forcément, après, le contexte dans lequel chacun grandit fait que certains gènes ressortent plus que d’autres. Et là encore, pauvre de moi, le destin m’accable : d’abord je grandis au coeur même de la Belgique, maître incontesté de l’art brassicole, ensuite je compromet le sérieux de ma vie d’étudiante en m’installant à Lille puis à Strasbourg, deux fieifs primordiaux de la bière en France. Au bout du compte, maintenant que je suis au Chili, ce n’est plus 2 verres mais 5 schopes que j’ai à la main. Remarquez, entre Pierrot et son bide à bière, et Simon le petit blondinet qui, à son jeune âge, fait déjà de la propagande pour la bière avec de la saucisse plein la bouche... Finalement je ne sais pas qui fait moins bonne figure!

 

La bière est introduite par les colons espagnols, fondamentalement des buveurs de vin, au Chili où les peuples indigènes préfèrent, eux, leurs propres chicha ou leurs innombrables alcools distillés comme le genièvre, la vodka, la tequila, le rhum ou encore le whisky, qui sont pas chers et très populaires depuis le 18ème siècle. Autant dire que l’histoire de ce breuvage divin ne partait pas avec les chances de son côté...

Mais, ce caractère "venu d’ailleurs" va finalement servir la diffusion de la cerveza. Pensant réaliser un véritable acte de foi pour la supériorité de l’étranger et du moderne sur le traditionnel et l’autochtone, les gens vont consommer plus de bière. Faut dire aussi que cette diffusion sera aidée par l’ouverture des ports chiliens au commerce international et par l’industrialisation, qui rendent notre boisson vedette plus accessible.

M’enfin, jusqu’au milieu du 19ème siècle, la seule chose que les Chiliens étaient capables de produire était une "porter", soit une bière anglaise de fermentation haute de couleur obscure et opaque, lourde en bouche et fortement alcoolisée. Fallait s’en douter : en prenant le modèle anglais... Et ils ont bien compris leur erreur les Chiliens. Du coup, ils changent de camp au moment de développer leur industrie brassicole : c’est un peu mieux, ils choisissent de suivre le savoir faire allemand, et se tournent vers des bières de fermentation basse qui, contrairement à celle de fermentation haute, ont ce bon goût de houblon et de malt, sont un peu moins fruitée mais plus gazeuses. En 1857, les brasseries se partageaient entre les propriétaires allemands ou italiens. Tiens, que viennent faire les italiens dans le monde majestueux de la bière ? Pas étonnant que les cervezas chiliennes n’ai pas assez de caractère et de grandeur pour qu’on s’en tape le cul par terre ! Fallait faire appel à mes frères les moines belges... Un mérite doit tout de même être reconnu aux Chiliens : ils ont vite compris le potentiel de plaisir que contient chaque gorgée de cet élixir servi bien frais, et si en 1871 ils ne produisaient que 700 000 litres, ils en étaient déjà à 12 millions de litres en 1883 !

La généralisation de sa consommation et de sa production libère la bière de son côté de discriminateur social et culturel. Et finalement aujourd’hui, la cerveza est bue partout au Chili et par tous les Chiliens. Leur panoplie semble bien ridicule comparée au large éventail belge, nordiste, hollandais ou allemand, mais elle offre des bières aussi bien artisanales qu’industrielles, des cerveza rubia et des cerveza negra, et je suis forcée de reconnaître qu’elles leurs caresses sur nos palais sont bien agréables...

Il suffit juste de faire votre choix selon vos goûts. Si vous aimez les blondes, vous vous délecterez d’une Austral, d’une Kunstmann lager, d’une Royal Guard, une Polar Imperial, d'une Becker ou une Paulaner. Je sais : ces noms ne sonnent pas très sensuels, et ça fait pas toujours très chilien mais je vous assure, on a bien regarder et c’est d’ici ! Si vous préférez les brunes (parce que ça compte pas pour des prunes !), alors vous vous régalerez avec la Kunstmann bock, ou la Morenita malta. Maintenant, si c’est juste pour un petit coup sans importance (... ah ça va les mecs, ne me dites pas qu’avec votre esprit mal tourné vous n’aviez pas fait le raccourci ! Les blondes, les brunes, toujours la même rengaine) alors les bières de grandes consommations sont la Cristal ou l’Escudo. Ensuite, plus rares mais succulente, vous trouverez une ambrée, la Kunstmann torobayo, et deux artisanales : une qui est faite à Llanquihue, à quelques kilomètres de chez nous, avec un léger goût citronné et qui se nomme Colonos, et l’autre, la Calle Calle est faite à Valdivia.

En parlant de Valdivia, on est allé rendre visite là-bas à une Fifonne expatriée tout comme nous, Gigi ou plutôt "la Yiyi" comme elle a été rebaptisée au Chili, élève de l'université Austral. Ca nous a déjà permis de renouer le temps d'un week-end avec les fêtes, les abus, les vices et le manque de sommeil de la vie d'étudiant, mais ça a aussi été l'occasion d'aller à la brasserie Kuntsmann et de goûter la bière à l'endroit même de sa fabrication… Du coup on a bu de la cerveza sin filtrar (bière non filtrée, cette fois ce n'était pas très dur de traduire… mais vous verrez, à la fin de notre séjour, vous aussi vous aurez progressé en espagnol. Bon, d'accord, surtout en vocabulaire culinaire, mais c'est primordial pour survivre dans un pays!). Et bien, c'est incomparable et tellement meilleur… C'est pour ça que je vous dis toujours qu'il faut que vous veniez chez moi une fois (au moins) visiter un peu cette belle contrée qu'est la Belgique, et boire leur bonne et légendaire bière belge au cœur même du pays. Je vous attends!!

Par Laure - Publié dans : Gastronomie
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Vendredi 9 décembre 2005 5 09 /12 /Déc /2005 18:24

Un petit week end sur l’île de chiloe... Comme d’hab, au menu : balade et gourmandise ! Parce que nous ont veut découvrir tous les aspects de la culture !... (Je vous laisse jongler entre l’article et l’album de photo. Vous devez commencer à maîtriser non maintenant ?)

Les paysans chilotes ont toujours produit presque tout ce qu'ils consomment et, vivant à l’écart sur leur île, ont développé leurs propres spécialités culturelles, que ce soit au niveau de la musique, du folklore, de leurs inombrables et loufoques légendes pour excuser l’infidélité des femmes comme celle des hommes, ou bien sûr de la cuisine. Et puis ce peuple insulaire, plutôt têtu et attaché à sa tranquillité, est celui qui résista le plus longtemps aux envahisseurs espagnols, et même aux chiliens ! et du coup ils ont réussi à conserver leurs traditions, qui font aujourd’hui la fierté et la particularité de cette île, rare endroit du Chili ayant une identité culturelle. On ne s’est pas trop étendu sur ce sujet, mais au Chili, la fierté vient de ce qui est étranger parce que c’est associé à la modernité. Les mapuche, qui sont le peuple né de la terre chilienne, qui pour moi seraient les racines du Chili, sont discriminés et méprisés et leur culture ne survit et ne se connait qu’à travers les marchés d’artisanat. Sinon, le chilien de base est complètement occidentalisé voir américanisé et, finalement, on ne peut pas dire qu’on ait ressenti un grand dépaysement. C’est même plutôt dommage. Les objets, les rites et les coutumes mapuche sont pourtant si fascinantes...

Enfin, je m’égarre encore une fois. Chiloe donc... Les viandes, les produits de la mer font tous deux partie de la nourriture quotidienne des chilotes, et souvent simultanément ! Mais viandes comme poissons, tout s'accompagne de papas (100 patates !). D'ailleurs, la pomme de terre n'est pas un simple accompagnement. Elle est parfois le plat à elle seule : avec du beurre, au four, aux braises, au feu, sans parler de la puré (tout simplement purée !) ni des papas fritas (dis un peu, ça serait pas le nom de mes bonnes vielles frites, une fois ? !) qui sont un des plats favoris et de toute heure. Finalement, je ne suis pas trop dépaysée!... A Chiloe, la culture de la patate vit encore, et n'a jamais fait défaut à aucune assiette. Il ne me reste plus qu’à farfouiller dans l’arbre généalogique de ma mamie Maguy pour savoir à quand remonte son sang chilote, mais vu son amour de la pomme de terre, je doute que je doive remonter très loin...

Enfin, voilà donc pour commencer, les recettes des trois spécialités chilotes de grignotage patatesque.

Los Milcaos

Cuisez 75g de lard coupé en petits morceaux puis réservez. Pelez et cuisez 1kg de pommes de terre. Quand elles sont froides, écrasez-les et mélangez-les à 1kg de pommes de terre préalablement râpées et pressées pour supprimer le jus. Salez et ajoutez 75g de beurre. Formez des petites boules au milieu desquelles vous mettrez les morceaux de lard. Cuisez-les ensuite soit au four, soit frites.

Los Chapaleles

Cuisez 2kg de pommes de terre et écrasez-les en purée avec 250g de farine. Ajoutez 2cas de beurre et 100g de lard grillé et coupé en petits morceaux, et salez. Mélangez le tout pour former une pâte. Si celle-ci est trop molle et trop collante, ajoutez encore un peu de farine. Etalez-la pour qu’elle ait environ 2cm d’épaisseur, et découpez des rectangles de 4cmx8cm par exemple. Cuisez-les soit à l’eau, soit frits, soit au four. Dans ce dernier cas, ils les appellent blandos (mous), plutôt curieux puisque cette version de cuisson est justement celle qui les rend les plus fermes !

Las Chochocas

Râpez 6kg de pommes de terre, pressez-les et mélangez-les avec 1kg de pommes de terre cuites et moulues. Ajoutez à cette pâte 2cas de beurre, 200g de lard grillé et coupé en petits morceaux, et salez. Recouvrez avec cette pâte un rouleau de 10cm de diamètre et disposez le au-dessus d’un feu pour le faire cuire selon le principe de la broche tournante.

 

Evidemment, qui dit île, dit mer à proximité, donc dit produits de la mer frais, en abondance et délicieux tout le temps ! Là encore, on a goûté deux spécialités chilote exquises, dont une vous intriguera sûrement par cette drôle alliance viande/poisson, apparemment très courante sur cette île...

El Carapacho

Faites frire 2 oignons hachés finement avec du sel, du poivre, du thym, du piment et de l’ail (ajustez les quantités à votre goût, ainsi que le type d’épices). Ajoutez 400g de chair de crabe émincée et un peu d’eau ou de vin blanc. Ajoutez 400g de pain préalablement trituré et trempé dans du lait, et mélangez bien le tout. Répartissez le mélange dans 4 carapaces de crabes nettoyées et bouillies, ou dans 4 ramequins. Sur chaque portion, ajoutez du fromage râpé et passez ensuite un peu au four pour que le fromage fonde et gratine légèrement.

El Cancato

Salez, poivrez deux filets de saumon ou de poisson-scie (poisson à chair blanche vendu sous le nom de sierra sur les marchés chiliens) et mettez de l’ail émincé très finement. Disposez un des filets sur une feuilles d’aluminium, recouvrez-le d’une tranche de fromage (genre gruyère), puis de rondelles de saucisse grillées (genre saucisse de Toulouse), puis de rondelles de tomates et enfin du deuxième filet de poisson. Ensuite saupoudrez d’origan, fermez la papillote d’aluminium et mettre au four 25 à 30min.

El Curanto

Ce plat gargantuesque, patriclémentesque, est LE plat indissociable du monde de Chiloe, une des préparations qui requiert le plus de soins et de délicatesse. Le curanto chilote est bien plus qu’une simple recette : sa préparation est une véritable fête pour laquelle toute la communauté participe et travaille. Sa confection commence par le creusement d’un trou dans la terre, de plus ou moins 50cm de profondeur, au fond duquel sont placées de grandes pierres chaudes. Par dessus, sont disposés des mariscos (fruits de mers) comme les cholgas (grosses moules), les almejas (palourdes), les choritos (petites moules), les piures (genre d’éponge calcaire qu’on coupe crue avec un bon couteau et qui contient des alvéoles garnies d’une chair rouge très iodée), puis des carnes (viandes) comme des longanizas (saucisses), du pollo (poulet), du chancho ahumado (lard fumé), chacun des ingrédients étant préalablement salé, poivré et épicé. Des pommes de terre, des milcaos et des chapaleles s’ajoutent encore au-dessus de tout ca, et ces deux couches sont recouvertes par des feuilles de nalca. C’est la plante équivalente à notre rhubarbe : sa tige est acide, moins sucrée que notre rhubarbe, et ici elle se mange en salade avec du sel. Mais ses feuilles atteignent parfois plus d’un mètre et demi de diamètre ! Cela permet par exemple à une petite danseuse « franco-belgo-elle sait pas trop quoi » en visite au chili de vivre quelques instants, les yeux fermés, son rêve le plus fou et irréalisable : illuminer la scène du Lido... M’enfin, plus communément, pour un chilote, cela permet de s’en servir comme « couvercle ». Le curanto est étouffé sous un peu de terre et de foin pendant environ une heure.

Ce curanto traditionnel est le curanto en hoyo. Son sosie, le curanto en olla (à prononcer oya !), est la version en marmite de ce délice, celle qu’on a goûté. Un véritable plat complet au final : viande, poisson, patates, et on vous le sert même avec le bouillon de cuisson en tant que soupe ! Il y en a tellement, qu’on ne sait par où commencer. Mais un bon vin blanc sec aide à trouver l’inspiration entre deux bouchées, et surtout à faire descendre !

Si vous êtes un adorateur de ces plats comme la choucroute ou le cassoulet, le curanto en olla est fait pour vous ! Et voilà comment le préparer... Recouvrez d’aluminium le fond et les bords d’un grand plat profond pouvant passer au four en laissant assez de longueur d’aluminium pour ensuite pouvoir couvrir le dessus du plat. Recouvrez également le fond et les bords du plat avec 6 grandes feuilles de chou. Dans la cavité, disposez d’abord les fruits de mers : 500 g de clovisses chiliennes (Petit clin d’oeil au passge pour mon bee gees préféré, et puis je tiens à rassurer tous les Agro50 et pièces rapportées : les clovisses chiliennes sont chauves !), 500 g de moules, 500 g de palourdes, 250 g de piures. Ensuite, sur une même couche, déposez les ingrédients suivant en les intercalant : 4 pommes de terre non pelées, 500g de haricots verts, 4 demis épis de maïs, 4 quarts d’oignon, 4 pilons de poulet, 200g de saucisse coupée en moreaux, 500g de lard coupé en 4 gros morceaux (pré cuire les trois sorte de viandes). Arrosez le tout de 250ml de vin blanc mélangé à du sel, et recouvrez finalement le tout de 3 grandes feuilles de chou avant de refermer le papier d’aluminium et d’enfourner pour 45 à 60min. Servez alors les fruits de mer, la viande et les pommes de terres dans une assiettes et servez le bouillon dans un bol de soupe.

Vous pouvez aussi préparer des chapaleles et les faire cuire avec le reste du curanto. Enfin, à ce stade, il ne vous reste plus qu’à tout déguster, et croyez-moi, ce n’est pas du tout la partie la plus facile de cette histoire !... Bon courage !

Après ces partitions savoureuses, constituées de notes fines mais réunies en une harmonie manquant quelque peu de légèreté, je vous propose de découvrir de quoi gâter vos envies plus sucrées. Les chilotes eux aussi craquent pour de petits plaisirs délicats...

Las Roscas chonchinas

Battez 10 oeufs. Ajouter 5cas de sucre, 5cas de beurre, 1/2 sachet de levure et de la farine. La pâte ne doit plus être liquide ni trop collante. Formez les roscas, sorte de donuts fins. Passez-les dans de l’eau bouillante quelques minutes : elles doivent gonfler. Elles sont prêtes lorsqu’elles flottent. Sortez-les et mettez-les à égoutter. Quand elles ne rendent plus d’eau, mettez-les au four pour qu’elles dorent.

Cette petite douceur, comme son nom l’indique, est une spécialité de la ville de Chonchi. Mais comme les roscas sont un peu sèches, pourquoi ne pas les accompagner d’une mistela ? Les chiliens en fabriquent presque avec tous les fruits possibles, secs ou frais, mais les plus fréquentes sont celles de cerise ou de framboise. Vous avez trouvé de quoi il s’agit ? de douces petites liqueurs, oui, oui. Je doit dire qu’elles se laissent boire sans trop de difficultés : si je les ai goûtées et appréciées servies dans un bouchon de coca, à l’ouverture du marché de Chonchi à 10h du matin, le ventre vide... elles accompagneront sûrement à merveilles des biscuits sucrés. Mais laissez moi vous présenter celle que j’avais préféré qui n’est autre que la liqueur typique de Chiloe :

El Licor de Oro

Dans une casserole, versez 1L de lait, 1L d’alcool, 1 1/2kg de sucre, 8 clous de girofle, 2 citrons coupés en petits quartiers. Mélanger chaque jour pendant 10jours, puis filtrez. C’est aussi simple que ça ! C’est délicieux et vous verrez que rien que sa couleur d’or paille fera frémir vos papille d’envie...

Par Laure - Publié dans : Gastronomie
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Vendredi 9 décembre 2005 5 09 /12 /Déc /2005 15:58

Tout est de la faute des Espagnols !

C’est le conquistador Francisco de Aguirre qui plante la première vigne du Chili, en 1551, soi-disant pour produire du vin pour la messe. Mouais, facile l’excuse. Et puis mettre ça sur le dos du petit Jésus, c’est moche ! En tout cas, comme je le pressentais, passent les siècles et les messes, et les vignobles s’étendent au point de concurrencer les vins d’Espagne et de forcer les chiliens à boire en dehors de la sainte église pour écouler les stocks.

Faites entrer le deuxième accusé, j’ai nommé Silvestre Ochagavia. Ce filou de chilien importe dans les années 1850 des cépages français du Bordelais et de la vallée de la Loire. Une chance pour lui, le sol est bon, le climat très ensoleillé et sec en été, et voilà que nos petites vignes s’acclimatent à leur nouveau paysage.

Et comme si ça ne suffisait pas qu’ils plagient nos précieux raisins, ils bénéficient en plus de leur isolement géographique qui les préserve des maladies comme le mildiou et le phylloxéra. Du coup, ils n’ont pas besoin de greffer les vignes qui gagnent jusqu’à 3 ou 4 fois en longévité par rapport à un vignoble français. Si c’est pas injuste ça...Oh, je vous vois venir aussi discrets que des éléphants dans un magasin de porcelaine : nous aussi on a tout de suite pensé à se déguiser et à lancer l'actuellement si redouter attaque chimique sur le chili avec de mildiou nom de diou. Mais après avoir goûté leur vins, on a reconsidéré cette idée et plutôt deux fois qu’une, pour finalement l’abandonner définitivement. Retirons plutôt la gloire qui nous revient à nous fils de France, roi de l’univers viti et vini-cole : si les Chiliens aujourd’hui font du bon vin, c’est grâce à nous. Et ouais !

Parlons un peu plus technique. De façon générale, tous leurs vins enregistrent un degré d’alcool de 13,5°, plutôt costaud, et si vous trouver une bouteille plus vieille que 2002, c’est déjà du vin de réserve ! Le Chili compte 6 grandes régions productrices de vin : Aconcagua, Casablanca, Rappel, Maule, Bío-Bío et surtout la vallée du Maipo, qui travaillent principalement le Cabernet-Sauvignon, le Merlot, le Cabernet-Franc et le Carménère en cépages rouges, et le Sauvignon et le Chardonnay en cépages blancs. Mais j’insiste sur le mot « principalement » parce que leur palette de vins est incroyablement variée et qu’ils manient également l’art des assemblages. Il y a donc amplement de quoi faire, et pour le coup je trouve que notre séjour au Chili est bien bref.

 

Bon, trêve de bavardage, il n’y a pas une seconde à perdre. Alors passons tout de suite aux choses sérieuses : la phase de dégustation !...

On va commencer par les vins blancs. Ce n’est pas la force du chili, mais voyons ce que ca donne tout de même...

Chardonnay

Je dirais que le vin reste sec comme le chardonnay de chez nous, mais il présente quand même des aromes plus fruités au nez. Belle couleur. Des notes d’ananas, d’agrumes et de pomme verte. Ah et je distingue aussi une légère touche de vanille. Un goût bien frais, pas désagréable.

Sauvignon blanc (Santa Emiliana 2005) (Sunrise 2004 – Concha y Toro)

Hum, à l’odeur, il rappelle un peu l’intensité des parfums que peut avoir un de ses délicieux grands riesling d’Alsace. C’est incroyable comme une simple odeur peut vous faire voyager... Excusez-moi, je me suis laissée porter quelques instants par le pouvoir de ce breuvage mais me revoilà parmi vous. Donc, goûtons. Oh la la. Juste comme je les aime : odeur et saveur très fruitées, rappelant les pêches et les groseilles, mais un vin qui reste très frais et qui n’est pas pour autant doux ni liquoreux, un vin que l’on peut encore qualifier de sec. Cette bouteille là, je la garde précieusement !

Mais il est temps de passer au plus intéressant dans les vins chiliens : les vins rouges...

Malbec (Casillero del Diablo 2004 – Concha y Toro)

Allez tiens, commençons par celui là. C’est un cépage qui n’est pas très connu, mais que l’on trouve aussi chez nous. D’ailleurs pour les engeesiens, ça vous rappellera notre anthologique voyage dans le Lot... En fait, c’est un des cépages des vins de Cahors. Vous vous souvenez de ces bons vins de la région de Cahors ?... Enfin, revenons à nos moutons, ou plutôt, replongeons dans nos litrons. Une belle robe rubis, et des aromes de mûre et de prune rouge qui se dégagent. La saveur de la gorgée de vin enrobe bien toute la bouche et surprend avec une touche poivrée et vanillée.

Comparons le... au

Merlot (Casillero del Diablo 2004 – Concha y Toro)

Tiens. Pourquoi ? Et pourquoi pas!? Chais pas moi, ça commence par la même lettre ! ? Et puis on dit toujours « merlot l’enchanteur » alors je devrais pas être déçue ! ! Bon alors, toujours une couleur bien rouge hein, et ouais. C’est fou ça que le vin rouge s’entête à ce point à vouloir avoir cette couleur. Et puis on retrouve aussi le parfum de prune rouge. Tiens vous voyez, encore du rouge ! Pfff... Ohhh, mais je décèle quelque chose d’intéressant, comme un légère arome de beu. Quoi de quoi ? De beu, des aromes d’herbe et des aromes de fumée, c’est ça non ? Bon. D’accord. J’avoue que pour ce verre là j’ai un peu triché. Ben faut dire qu’au bout de presque toutes les gorgées que j’avais mis dans mon verre, j’avais trouvé que le goût de prunes, ROUGE, alors voilà je l’avoue, j’ai lu l’étiquetête pour trouver le reste. D’ailleurs y parlent d’une note de graffite, alors si y a quéqu’un qui pourrait m’expiquer qu’est-c’que ça peut bien avoir comme goût le graffite ! Vous croyez vraiment que y a des gens assez fous pour goûter du graffite... Tsss, en tout cas c’est pas moi qui vais vérifier hein ! Et pis de toute façon j’ai encore plein de belles petites bouteilles rien qu’à moi à goutter... Qu’elles sont belles... Mais, t’es qui toi ?

Carménère (120 Santa Rita 2003) (Miguel Torres 2002 reserva)

Ce cépage méconnu est autorisé dans les appellations Bordeaux, Médoc, Premières Côtes de Bordeaux et Saint-Emilion. Il a pourtant presque disparu en Gironde. Il a été décimé par le phylloxéra au début du siècle et n´a jamais réellement été replanté. Il revient à la mode aujourd´hui au Chili. Ben dis dooonnnc, c’est qu’on en apprend des choses sur ces petites étiquettes là ! M’enfin je préfère ce qu’y a d’sous si ça vous ennuie pas. Hummmmmmm, ça sent la mûre et la cerise. Oh, et je crois même que j’y trouve un parfum de chocolat. J’aurais pas un petit coup dans le nez moi ? Attendez, je regoutte... Ben non hein, c’est bien ca et pis là sur le ticket y disent que y a un toque de chocolate. Alors vous voyez. Enfin, moi c’que j’en pense en tout cas, hein, bah c’est qu’c’est bin dommage qu’on ait pus ca chez nous ! Vouaip ! Attendez, juste encore une ptite goutte pasqu’après j’va oublier euh le goût qu’il a. Bon, qu’esqui m’reste... J’allais oublier d’boire une aute ptite goutte pour me rincer la bouche avant de boire l’aute vin rouche. Et oui, l’est tjours rouche !

Cabaret-Sauvageon

Non ! j’rigole ! Pfouuuuuuuuu..... Bon allez sérieux...

Cabernet-sauvignon (Morandé pionero) (Don Luis 2004 – Cousiño Macul)

Ohhhhhhh ! du sauvignon... Ah ben v’là un vin rouge qui veut bin aussi ête blanc. Ca c’est grand ca. Tiens ça s’fête tiens : une gorgée d’rouche, et pis une de bLanc. Et pis si on mlanche, ça fait du roz ? Heee ouai, ca fait du roz foncé presque rouche. Ma c’est meilleur soit tout blanc soit tout rouche. Meuuu non, chuis pas toute rouche pisque j’ai l’cul tout blanc, ooohhhh... Vous comprenez rin du tout hein ! Bon aloooooooors. Euhhh. Fffffffffff... J’en suis ou moi, vous voyez vous m’avez toute pendu, fin perdu. Pis avec ces lignes qui dansent j’arrive pas à m’concentrer. Ouh ! La bouteille qui danseu, la bouteille qui dan-anseu, la bouteille qui danseu, la bouteille qui dan-anseu. Torche la gueule à ton voisin car il aime car il aimeu, torche la gueule à ton voisin car il aimeu le bon vinnnnnnn ! Oh yeah ! Pouh, ça m’a donné soif tout ca. Hop un pti coup pour maman, hop, un pti coup pour papa, oh non, il boit pus lui, deux pti coups pour papaaaa. Ohhh encore une equitette... Ah boooooooon, ben y en a des tucs dans le vin dis donc : du raisin (ben vi ça chavais), des cerises mais des cerises mûres attention, des groseilles, des prunes rouches, pour la couleur sûrement... Pis y mettent aussi du roble tostado, c’est comme du roble mais tostado. Fin j’veux dire c’est du chêne grillé. Y craquent de l’alumette les chigniens. Un jour Pico il a jeté une flamme dans la forêt lointaine sans penser au hibou. Ouh ouh hibou coucou.... et pis ya eu le feuuuuuuuu et pis paf ca a fait des chocapic. Et ben noooon ! Ca a fait du cab-e-net-sau-e-gnon. Et ouiiii ! Vaaaanon, j’ai kaud misaut’. Fou ! bah j’vois qu’eune seule solution : eeeeeeet hop un pti coup pour mamaaaaaaaan et hop hop deux ptis coups pour papaaaaaaaaa. Oh et j’ai failli oubier... un pti coup pour mon frérot, pis un pour faire pardonnée. Pis y a mon frangin aussiiiiiiii ! mais ya toute la famille, c’est génial ! Champagne ! !

Champagne (brut Unduraga) yo rasta man yeah maison blannnche ! yo yo ouh ! Ehhhhh.... ouh here we go !... ouh, ça pétille. Ouh les ptites bubules ca chatouille le nééééééhehehe... Oh la oh la gujydrgdj pfffffffffff... la ça va meiux......hfyvbfgvgydrtgjrdjtgyjhdgdryb wohow pardon. Hein ? Ah oui, champagne....ghdghjghrfjhuyrtfguyhdgrftgfyrgyrgrtfghdgtfgyjfgyrgygtfghghrjgghghgrgyrtgrtfhrgyjgrtfgudrtgydrtjyrjtfjrfjfhrg

 

 

 

On lui avait pourtant dit de ne pas faire ça sans nous et surtout : de cracher !

Par Laure - Publié dans : Gastronomie
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