Oye Oye

Même si nous sommes revenus en France (avant de redécoller pour la Papouasie dès jeudi 2 mars), nous sommes heureux de pouvoir partager avec vous tous notre voyage en Patagonie et désolé d'avoir été aussi long.

Dans cette immensité féérique et envoutante, nous avons profité de nos derniers jours au Chili pour visiter le Parc National Torres del Paine. Alors profitez de ces photos avant celles de Papouasie....

A bientôt à tous, et on espère pouvoir partager avec vous quelques instants inoubliables avant de repartir !!!!

 

Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /Déc /2005 17:56

Rassurez vous, je vais faire plus court que mon premier article pour vous raconter la suite de nos péripéties liées à notre chère et tendre phase de terrain.

 

Mardi 22 novembre. Au programme le transect n°3. il a l’air plutôt sympa avec 1000m de dénivelé (sans aucun chemin bien sûr), des pentes jusqu’à 100% et pleins de végétations à découvrir et à comprendre.

Le temps ne sera pas avec nous car comme d’habitude, il pleut. Nous commençons la marche avec Simon avant de nous apercevoir, au bout de 50m, que se dresse devant nous un véritable mur de Quila. Je vous explique ce qu’est la Quila (un « maricon » selon Pépé). C’est une sorte de bambou, incroyablement dur (les indiens Mapuches s’en servaient comme lance) qui atteint 3-4m de haut, rejètent de partout en prenant un malin plaisir à s’entrelacer ! pour vous faire un résumé, nous avons mis plus de 2h à effectuer 200m en glissant, tombant, rampant, escaladant…….mais rien n’y fait, nous ne pouvons pas passer malgré toute notre bonne volonté (voir photo n°9). Après avoir insulté cette plante en chti et en sudiste (ça change rien mais ça soulage), nous décidons de redescendre vers la route afin de remonter quelques dizaines de mètres plus loin pour trouver un moyen de contourner ce « maricon ». la seule chose dont nous rêvons à ce moment précis, c’est de rentrer à la cabaña, prendre un café bien chaud, une bonne douche bien chaude et se mettre au coin du feu bien chaud (j’ai l’impression d’avoir mis beaucoup de fois le mot « chaud » dans cette phrase…), mais il est que 14h et le chauffeur ne vient pas avant 18h (merci la CONAF de ne pas vouloir nous confier de voiture alors que je suis un véritable pilote et qu’il en ont pleins à disposition !!!) Donc quitte à tuer le temps, autant marcher un peu, au moins cela nous permettra de nous réchauffer un peu………………………Après une après-midi interminable, nous trouvons un moyen pour une future ascension de cette montagne gagnant ainsi (ben ouais, Simon il a chopé le pompon) un nouveau ticket et le droit de rentrer à la maison.

Il faut préciser qu'une fois à la maison, la journée est loin d'être finie…Il est en effet nécessaire de mettre tout le barda a séché autour de notre petit poêle (histoire de commencer la journée du lendemain avec des affaires sèches! voir photo n°12) puis de déterminer toutes les plantes que nous n'avons pas réussi à identifier sur le terrain. Une fois tout cela effectuer et une fois prévu le programme du lendemain, on a bien mérité notre lit!!!!!!

Bilan de la journée : trop de quila, trop de pluie, 0 point effectué !

 

 

Mercredi 23 novembre. Au programme le transect n°6. Tout est organisé, un petit propriétaire doit nous accompagner au moins jusqu’à l’entrée de la réserve.

Nous arrivons, toujours sous la pluie battante (ça va commencer à vous lasser que je le précise…mais on peut la partager un peu avec vous, non ?) dans sa toute petite maison (voir photo n°10). Sa femme nous accueille avec gentillesse et simplicité et le temps que son mari se prépare, elle nous sert un café, du pain maison avec du beurre (délicieux) et des rosquitas maisons (sorte de bugnes, délicieuses).

Le ventre bien plein, nous partons pour le transect. Nous suivons notre gus, dans un labyrinthe de « chemins » forestiers gorgés d’eau. Il monte à un sacré rythme et ce chemin me semble interminable. La limite de la réserve devrait se situer vers 750m d’altitude et à 2km de la maison. Au bout du compte, nous arrivons à cette fameuse limite au bout de plus de 4km de marche et à une altitude de 1000m ! Précision chilienne !!! autre élément étrange, nous devrions nous trouver dans un peuplement « banal » alors que nous sommes au beau milieu d’une magnifique forêt d’Alerce pur (vous découvrirez dans un prochain article, pour ceux qui ne le savent pas, ce qu’est précisément cet arbre majestueux, protégé et en voie de disparition). Juste le temps de casser la croûte, que nos pieds et nos doigts sont congelés. Comme s’il ne manquait plus que ça, le tonnerre gronde au loin et au bout de quelques instants, un énorme orage de grêle s’abat sur nous, nous obligeant à s’abriter sous les arbres. Cela fini de nous congeler et sans la force ni la motivation de faire un point de sondage, nous décidons de redescendre vers la maison (c’est quand même pas très sûr de rester au beau milieu de la forêt en pleine montagne pendant qu’un gros orage passe au dessus de vos têtes !). nous redescendons rapidement, peut être trop, car même avec notre guide, nous nous retrouvons perdus au milieu d’un champ de…quila (un point pour ceux qui ont répondu avant la réponse devant leurs ordinateurs et pour ceux qui ne savent pas encore ce que c’est, vous avez mal lu ou pas encore lu le premier article sur la phase de terrain !) Après une heure de lutte et d’énervement pour progresser, nous arrivons enfin à sa petite chaumière (voir photo n°11).

Et là, c’est le bonheur. Notre hôte a déjà mis la table et nous prie de nous asseoir. Elle nous sert de la cazuela (le plat typique et quotidien de la campagne chilienne, qui est en résumé un potage de légume avec des morceaux de bœuf et de poulet) accompagné de pain maison. Puis vient le thé et les rosquitas maisons à volonté. Ca nous touche profondément et nous réchauffe que cette famille très modeste souhaite partager tant de choses avec des petits français débarqués de nulle part. Nous avons ensuite bien discuté en attendant le chauffeur et ils n'ont pas voulu nous laisser partir sans nous offrir de nouvelles rosquitas pour la maison et sans nous inviter à passer pour Noël…

Bilan de la journée : trop de froid, trop de quila, O point effectué mais une rencontre plus que chaleureuse!!

 

 

Lundi 28 novembre. Au programme, le même transect que mardi dernier mais cette fois-ci en connaissant le bon chemin pour l'ascension. La majeure partie de la journée se passe comme prévu, sans trop de pluie (exceptionnel), sans trop de quila (encore plus exceptionnel) et on arrive même à faire des points de sondage (inespéré).

C'est d'ailleurs en faisant un de ces points que je sens un truc me piquer au niveau de la cheville, je tape dessus pensant que ça doit être un moustique ou une araignée…Quelques temps après, je regarde la zone de la piqûre car ça continuer à me "chatouiller". Surprise. Une sangsue s'est installée et se remplit la penche de mon sang. Après avoir réfléchis à comment la tuer, Simon allume une clope et brûle la sangsue avec la braise. Radicale!!! Au cours de l'après-midi, deux autres sangsues s'installèrent au snack-bar-friterie-fricandelle "Chez Pierrot" en paraissant plutôt heureuse du service offert mais en trouvant la note mortelle!

17h. Après avoir fait un dernier point d'échantillonnage, il est largement l'heure de retourner vers la civilisation. On descend rapidement tout ce que l'on avait grimpé avant, de se sentir un peu perdu.

17h45. Les derniers nuages se sont levés et on ne reconnaît ni le lieu, ni la vue qui s'offre à nous. On regarde sur le GPS et on s'aperçoit que l'on est beaucoup trop au sud du sentier. Il s'agit maintenant de trouver un chemin de traverse pour rejoindre la route et le chauffeur qui vient nous chercher vers 18h. Quelques centaines de mètres nous séparent du but.

18h05 : à l'heure "française", nous sommes bel et bien en retard. Incroyable, nous nous heurtons de nouveau à un impénétrable mur de Quila. Tour à tour, Simon et moi prenons la tête pour motiver l'autre et trouver de nouveaux passages, zigzagant, rebroussant chemin, ouvrant des trouées, traversant à la barbare tout en commençant légèrement à s'énerver.

18h40 : Simon commence à perdre ses nerfs et la Quila découvre, avec plaisir et une légère indifférence, le vocabulaire d'insultes du Sud. On en peut vraiment plus et Simon s'allonge de plus en plus fréquemment dans la Quila  espérant peut être que la route va venir jusqu'à lui…Je finis par trouver le chemin qui nous mène à la route…

18h50 : Il est bon de sentir l'odeur du doux macadam. Sur le trajet vers le point de rendez vous, nous croisons notre chauffeur!!! A savoir s'il rentrait sans nous avoir trouvés, on n'aura jamais la réponse…

Bilan de la journée : deux français énervés perdus dans la réserve, trois sangsues chiliennes repues mais malencontreusement décédées et trois points effectués!

Par Pierrot - Publié dans : Notre quotidien
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