Oye Oye

Même si nous sommes revenus en France (avant de redécoller pour la Papouasie dès jeudi 2 mars), nous sommes heureux de pouvoir partager avec vous tous notre voyage en Patagonie et désolé d'avoir été aussi long.

Dans cette immensité féérique et envoutante, nous avons profité de nos derniers jours au Chili pour visiter le Parc National Torres del Paine. Alors profitez de ces photos avant celles de Papouasie....

A bientôt à tous, et on espère pouvoir partager avec vous quelques instants inoubliables avant de repartir !!!!

 

Lundi 19 décembre 2005 1 19 /12 /Déc /2005 18:22
Mardi 29 novembre. Au programme, le transect n°12 au bord du lac. Laure nous accompagne aujourd'hui afin de réaliser la partie "terrain" de son étude d'impact de la centrale hydroélectrique.
On arrive en retard chez Ivan, notre guadaparque adoré (cf le premier article) qui nous annonce qu'à cause de cela, la barque est déjà partie! La journée semble tomber à l'eau (quel mauvais jeu de mots). On décide quand même d'aller voir au bord du lac. La barque est bien partie…Ivan se met à réfléchir et trouve une barque à prêter, il ne reste plus qu'à y ajouter le moteur de la CONAF (et ouais, la CONAF à juste le moteur, pratique pour naviguer!). Simon et Ivan mettent leurs muscles à contribution pour préparer le navire. Après quelques minutes d'angoisse durant lesquelles le moteur se montre capricieux, le bateau est près à naviguer. Pépé nous explique que dans ces lacs du Sud du Chili, l'espérance de vie une fois dans l'eau est de 5 minutes, rassurant… La navigation est agréable. C'est superbe de pouvoir découvrir notre réserve depuis ce point de vue. Après avoir débarqués une première fois du mauvais côté de la rivière, nous cherchons un moyen d'accoster le plus près possible de notre transect. Il faut dire que la montée du niveau de lac (de 10 mètres en quelques jours, merci la centrale!!!) a transformé les peuplements des berges en une véritable mangrove. Nous trouvons une petite ouverture dans laquelle nous nous engouffrons. Mais notre bateau se retrouve coincé à quelques mètres du but entre un tronc mort et un arbre… Simon entame à la machette le tronc pendant que nous cherchons avec Ivan le moyen de nous sortir de là. Rien à faire le bateau n'avance pas. Il faut alléger le bateau…Ivan muni de bottes va tranquillement dans l'eau, Simon prend le temps d'enlever chaussettes et chaussures et de remonter le pantalon, tandis que je saute avec joie hors du bateau, sentant l'eau glacée envahir mes petites chaussures. Malgré nos nombreux efforts, le bateau n'avance pas. Nous décidons au bout du compte d'accéder à pied à la berge en faisant des allers retours pour transporter au sec tout le matos…et la petite Laure.
Après cette péripétie humide, notre journée de terrain se déroule comme prévue malgré l'omniprésence de l'ampe (une fougère géante atteignant 4 mètres de haut!!!). Sur le retour, je m'aperçois que j'ai du faire une bonne partie de la journée en compagnie de deux amies sangsues. Il est toujours dur de tuer des sœurs de sang… Il a fallu ensuite faire les mêmes manœuvres pour quitter le lieu où avait échouer le bateau  sauf que le lac était beaucoup moins calme et beaucoup plus dangereux.
Le moteur redémarre difficilement avant…de s'arrêter quelques dizaines de mètres plus loin. Il faut vite sortir les rames car les vagues nous ramènent très rapidement vers les arbres! Simon s'en charge à merveille luttant comme il peut contre la houle. On est de plus en plus inquiet car le moteur ne cesse de s'arrêter (on a quand même plus d'une demi heure de navigation à faire et c'est pas que je doute des petits bras de Simon, mais je souhaite être rentré avant le lendemain matin). Après 15-20 minutes à espérer que le moteur daigne se mettre en route, celui-ci cesse brusquement son caprice et nous amène à bon port. On rentre chez Ivan chez qui on doit passer la nuit, histoire d'être plus vite sur le terrain le lendemain et à l'heure cette fois-ci. On lui apprend, tout étonné, que Pépé devait le prévenir qu'on mangeait chez lui et que l"on amenait le vin pour le repas. Pépé a oublié et Ivan se retrouve obliger à chercher un repas pour nous quatre. Tout en sirotant tranquillement la bonne bouteille de rouge, une douce odeur remplit la pièce éveillant nos papilles. Ivan nous a cuisiné du poisson natif (ça existe encore malgré toutes les piscicultures!) suivi d'une bonne petite cazuela. Le ventre bien plein, et bien fatigués par la journée, il a pas fallu nous bercer longtemps pour que nous rejoignons le pays des rêves.
Bilan de la journée : un moteur capricieux, de la musculation pour Simon, trop d'eau (dans les chaussures), deux sangsues, deux points et un sacré repas bien arrosé.
 
Mercredi 30 novembre. Après une bonne nuit, nous voilà repartis pour une traversée du lac. Incroyable mais vrai, il fait beau ce matin, pas un nuage dans le ciel chilien et une sublime vue matinale sur notre volcan : inoubliable (désolé mais vous n'aurez pas de photos car mon appareil photo vient de décéder, il n'a pas résisté à la phase de terrain chilienne, paix à son âme). Arrivés tôt au bateau pour tout préparer, nous nous occupons avec Laure de trouver le petit déjeuner pendant que les hommes forts s'occupent de préparer le navire. Le pain est tout frais, le navire est près, le moteur ronronne, le lac est calme, le ciel d'un bleu intense, le soleil brille, le paysage est magnifique : que demandez de plus, ce n'est même plus du travail mais plutôt du plaisir à l'état pur…
Nous partons donc en direction de notre transect quand… badaboum… le moteur s'arrête. Ivan, sans inquiétude, essaie de le redémarrer et au bout de quelques minutes nous annonce qu'il est cassé!!!!!!!!!!!!!!!!!! Put…, on a vraiment la poisse. Tout était trop parfait. Nous voilà donc sur le lac, sans moteur, mais avec des rames et un Simon en pleine forme. Le voilà parti, après quelques réglages, à une bonne cadence direction notre point de départ. La sueur commence à perler sur son front, ce qui provoque presque chez Laure et moi une petite pensée pour les petits muscles de notre Simon (ça le musclera un pti peu le gringalet). Ivan le rejoint et là il nous manque que la musique pour se sentir à Venise : nous sommes tranquillement assis Laure et moi, en déjeunant, devant ce paysage féerique, tandis que Simon et Ivan nous ramènent tout en douceur à la berge, en coordonnant à merveille leurs efforts. Un grand merci à nos deux gondoliers, bien que cela fut un peu trop court à notre goût.
Il ne nous reste plus qu'à tout ranger, retourner à la maison d'Ivan et attendre le bus de 14h (alors qu'il est que 9h30…) On aura au moins appris la patience au Chili!!!
Bilan de la journée : beaucoup de soleil, un moteur cassé, beaucoup d'attente et 0 point…
 
Vendredi 2 Décembre. La journée commence à la chilienne. On a rendez vous avec Pépé à 10h30 (c'est déjà une bonne heure pour commencer la journée!!) mais à 10h25, il nous appelle pour nous dire qu'il ne sera pas la avant 11h30.
Il nous annonce sur le chemin que comme prévu, on va aller jusqu'au transect à……………cheval!!!!!!!
Ca sera donc ma grande première sur ces "saucissons" sur pattes (pour les amoureux du cheval, comme Claire ou Kro, lisez jusqu'au bout avant d'envoyer un commentaire vindicatif!) et la deuxième fois pour Simon. Un véritable cow-boy nous accueille et nous amène au lieu où nos chevaux nous attendent. Ca y est le grand moment est arrivé, il est temps de monter dessus et de commencer la randonnée. C'est plutôt agréable (sauf pour les fesses! voir photos n°15,16 et 17). Après quelques temps de monter, on découvre un sublime point de vue sur les volcans et les lacs de la région (voir photos n°18 et 19). Simon ferme la marche et sans raison apparente, son cheval refuse de passer un fossé et fait demi-tour. Malgré les conseils de Claire (pour amadouer ces quadrupèdes), le cheval semble vouloir rentrer à la maison. Notre guide part rechercher Simon et quelques instants plus tard, ils reviennent tous les deux au trot (pour le plus grand bonheur de Simon). Nous arrivons ensuite, après de rudes montées caillouteuses et des passages étroits, au bord de notre transect à 800m d'altitude. Nous laissons nos guides aller manger au bord du rio Caliente tandis que nous entamons la montée, cette fois-ci à pied (c'est bien plus fatigant!) vers nos points d'échantillonnage. Nous faisons un point avant de se dire qu'il serait vraiment bête de ne pas continuer à monter car un peu plus en hauteur se profile un petit replat duquel la vue promet d'être superbe. En quelques centaines de mètres, nous accédons à 1150m d'altitude à la limite de la végétation et aux pieds de notre volcan, et là la vue est tout simplement indescriptible (voir photo n°23). Nous restons quelques instants bouche bée tentant de graver ce paysage au fond de nos mémoires (voir photos n°20, 21 et 22). Il est l'heure de regagner nos montures. Elles nous attendent sagement en grignotant des arbustes. Durant la descente, les chevaux montrent la même dextérité, le même courage et la même gentillesse que pour la montée, nous amenant jusqu'en bas, juste avant qu'un énorme orage s'abatte sur la campagne chilienne.
Cette journée fut réellement inoubliable grâce à ces petites bêtes. Elles ont réussi à faire changer mon image d'elles (j'apprécie toujours autant le steak et le saucisson néanmoins…). Nous avons tous les deux adorés cette chevauchée en attendant avec impatience la prochaine. Nous allons revenir du Chili, en étant de véritable cow boys chevronnés.
Bilan de la journée : beaucoup de soleil, des paysages magnifiques, une première (et pas la dernière) balade à cheval et un point.
Par Pierrot - Publié dans : Notre quotidien
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