VTT : vélo TOUT terrain ?
AU programme : après-midi sportive histoire de se bouger un peu après notre pétrification plus que matinale dans le froid des geysers, et histoire de découvrir les environs de San Pedro. Crème solaire, chapeaux, eau… On s’équipe pour affronter le désert, froid à ses heures, mais agressif quand le soleil est de la partie. Bon, il ne nous manque plus que nos montures.
Escale dans une petite boutique de location de vélos d’une des ruelles de terre du village. C’est magique : on y entre à pied, et on en ressort sur de magnifiques VTT flambants neufs et dernier cri ! Véritables engins de luxe et de course à mes yeux de petite cycliste strasbourgeoise… Avec ça pas de doute, on peut passer partout !
Cette bonne surprise redouble notre motivation et on se met en route sans plus attendre. Mais notre formidable élan se voit très rapidement et brusquement freiner. Les routes de l’Atacama sont quelque peu, disons, en mauvais état : pire que les pavés du Paris-Roubaix. Et si les secousses se calment, ce n’est que pour laisser place à l’épreuve suivant : celle du banc de sable, qui scrute votre arrivée et tire à pile ou face, dérapage ou clouage sur place doublé d’un pédalage dans la choucroute (obstacle terrible même pour une cycliste strasbourgeoise !). Bref, la petite balade à vite tourné à l’exploit sportif.
Décidés à ne pas se laisser impressionner, on avale les km en soulevant des nuages de poussière derrière nous. Une trentaine de km en tout, au fur et à mesure desquels on commence à dompter le sable et cette racaille de rocaille. Les vestiges de l’Aldea de Tulor, la communauté de Coyo, les cavernes de Chulacao, les ruines du Pukara de Quitor… C’est finalement le diable qui aura raison de moi.
Seuls quelques mètres nous séparent de notre ultime destination les gorges du diable. Quelques mètres et une rivière ! 5m à franchir dans 15 à 20cm d’eau recouvrant des galets loin d’être stabilisés. Tous les km avalés jusque là ont suffi à me donner assez de confiance pour que je ma lance sans trop réfléchir. On ne se dégonfle pas, sauf quand on se retrouve coincée au milieu de la rivière qui prend alors des airs d’un épouvantable torrent. Coincée en équilibre plus qu’instable sur ce vélo qui n’a plus rien du tout de sensationnel vue la situation !
Addition de la journée : mettez moi des pieds et des chaussures trempées (les miens et ceux de mon repêcheur que j’ai nommé mon dévoué chéri), trois paires de fesses contusionnées, un bon lot de courbatures, le compte est bon. Ou en tout cas, mon compte est bon !
Nouvelles mésaventure avec le sport au Chili. Après « les malheurs de Sophie », venez découvrir « les mésaventures de Laure ». Attention, le spectacle ne fait que commencer…