Pan de Azucar ou ma descente infernale…

Publié le par Laure

Ce Parque Nacional, coincé entre deux immensités, celle du Pacifique et celle de l’Atacama, est célèbre pour l’infinité de balades qu’il offre à ceux dont les jambes n’obéissent qu’à leur imagination. Ca, il n’a pas fallut leur répéter deux fois à mas deux casse-cou de compères ! Aussitôt arrivés, aussitôt en route pour une randonnée en prenant bien sûr bien soin d’éviter les chemins tous tracés.

Plutôt tranquille pour commencer : on arpente la plage, et on s’amuse des drôles d’oiseaux qui animent le bord de l’océan. Des mouettes, des goélands et des cormorans jouent à « qui va à la chasse perd sa place » et reculent un peu plus chaque fois que nous avançons. Et de tous petits oiseaux, version à plumes de Speedy Gonzales, foncent tête baissée vers le grand bleu comme pour le défier, puis prennent leurs fines et longues jambes à leur cou rondelet dès que les vagues regrignotent la plage, et ainsi de suite sans jamais se lasser. On arrive à surprendre un crabe camouflé sous le sable, mais on déniche plus de carapaces vides que de spécimens dignes de notre assiette !

Bientôt on quitte le plat du sable pour grimper sur les pieds d’une montagne qui patauge dans le Pacifique, et que les vagues essaient de chatouiller en venant exploser contre les premiers rochers. On monte de plus en plus et on oublie l’univers du littoral quelques instants, intrigués par les étranges cactus qui nous tienne compagnie. Mais pas très bavards faut dire et plutôt bourrus au premier contact, la main de Pierrot s’en souvient encore, aïe ! Aussitôt que le paysage de l’autre côté se dessine, on reste subjugués par l’apparition de la playa blanca : beauté charmeuse mais trompeuse, résultat toxique du dépôt de minéraux provenant de l’exploitation de mines et faisant fuir l’océan. Au loin, sur les hauts des cerros, s’étirent ces fameux filets sacrés transformant la Camanchaca , la brume du désert, en véritable gouttes d’eau.

Le soleil baisse, il est temps de rebrousser chemin. On s’attarde un peu auprès des pélicans jusqu’à ce que l’astre rouge disparaisse sous l’horizon, puis on regagne notre chalet dominant le petit port de pêche où les barques s’endorment bercées par les vagues.

Le lendemain, devant notre fenêtre, des rapaces s’éveillent en même temps que nous. J’aurais dû me douter que ces oiseaux étaient un mauvais présage…

Plein d’entrain, nous partons à l’assaut du mirador, point de vue panoramique, perché sur des falaises, 800m au dessus de l’eau. Plus d’une heure de marche, en zigzagant entre d’immenses cactus, s’arrêtant de temps à autre pour observer quelques fleurs miraculées ou quelques brindilles inespérément verdoyantes, prémisses du rare et spectaculaire desierto florido

Ca n’arrive qu’environ tous les 5 ans parce que c’est à peu de choses près la fréquence des pluies dans l’Atacama. Ca se produit en plus justement l’année où on se balade dans ce désert, mais malheureusement où on s’y balade 2 à 3 semaines trop tôt ! Décidément, on n’est jamais en phase avec le rythme chilien. Trop rapides pour eux. Oh, vous découvrirez ça bien assez tôt dans d’autres mésaventures…  

Reprenons. Au fil de nos montés et descentes le long des montagnes russes de la ligne de crête qui mène au mirador, on entraperçoit des bribes du paysage qui nous attend, douce mise en bouche avant le clou du spectacle. Tout à coup, plus aucun obstacle : à perte de vue, une terre sombre, marquée de saignée noirâtres. Une sorte de Terre du Mordor, protégeant l’île de Pan de Azucar en forme (je vous de donne en mille) de pain de sucre, qui se dresse au loin et cache ses précieux pingouins de Humbolt, trop discrets pour nos jumelles.

Pause pique-nique. « Maîtres rando sur leur mirador perchés, tenaient en leurs mains une tartine. Maigre zorro par l’odeur alléché, se décida à pointer ses babines. » Quelques miettes de thon et des couennes de jambon, déposées en respectant une certaine distance de sécurité, finissent de gonfler le courage du petit chacal et de le convaincre de se rapprocher furtivement. Ah, le pouvoir de la gourmandise…

L’heure de la fameuse descente a sonné. Revigorée par le repas et distraite par cette rencontre inattendue, je suis aveuglément mes deux cascadeurs qui me conduisent silencieusement à ma perte. Pourquoi prendre deux fois le même chemin ? - C’est vrai au fond - On est arrivé par l’intérieur des terres - Ouais - On repartira du côté de la mer - D’accord, si vous voulez - et donc on descendra par la falaise - Ok….hein ? Quoi ? Heu…. Attendez-moi. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de descendre en rappel, sans corde, une espèce de mur, mélange de roches granitiques glissantes et de bancs de terre qui se désagrègent sous vos pieds, mais ce n’est pas du tout de mon goût !

Descente aux enfers, descente de l’enfer, ou descente d’enfer, j’ai du mal à choisir mais une chose est sure, je m’en souviendrai !

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J
Merci pour cette part de rêve digne d'un roman. Franchement c'est super bien décrit et il ne reste qu'à fermer les yeux pour vous imaginer en train de faire de la grimpette tout les trois.... en fait qu'une chose a dire, t'as fait mieux que le Routard.
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J
ben bravo les gars vs faites preuve de galanterie a ce qu'on peut voir!!!!!<br /> vous nous emmerdez avec toutes vos histoires ca donne envie d'une chose c de vs rejoindre profitez un max en tout cas ca a l air d etre un truc de ouf malade gros bisous a vous trois et bon courage Laure i va ten falloir mais je suis avec toi bizzzzzzzzz
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C
je peux vous dire que de ce passage mes collegues retiendront "el zorro" car c'est ce qu'ils ont en fond d'ecran pour quelques jours......<br /> mais un conseil laure ne suis pas toujours les idees de Pierre tu t'es apercue qu'elles ne sont pas toujours tres pratiques mais peut etre veut il que tu lui montre des talents cachés
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J
Ma pauvre Puce, je t'avais bien dit de faire attention et de ne pas suivre aveuglément le premier venu...<br /> Une seule remarque: votre site est super. Continuez à nous faire rêver.
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