R...comme le rugby au Chili
En partant pour le Chili je ne m’imaginais pas pouvoir jouer au rugby. Certes, je savais qu’en Argentine ce sport était devenu très populaire et s’était très bien développé. Mais pour le Chili je ne savais rien. Heureusement ce pays m’a réservé de bonnes surprises. Tout d’abord, dès notre arrivée à Santiago, j’ai appris que Pépé (notre maître de stage) était directeur technique à la fédération chilienne de rugby et qu’il avait fondé avec un ami à lui le club de Puerto Montt, la ville de notre stage ! Pépé était d’ailleurs enthousiasmé par le fait que Pierre et moi jouions au rugby et a directement appelé son ami, toujours président du club, pour lui annoncer deus nouvelles recrues. Ensuite, il nous a proposé des places pour un match entre l’équipe nationale du Chili et celle de l’équipe de France amateur devant se dérouler 15 jours après. Nous y avons donc assisté en rentrant de notre voyage dans le nord. Avec Pierre, nous étions les deux seuls supporters français et nous avons fait entendre nos voix et moi mon maillot aussi (que comme par hasard j’avais dans mes bagages !). En plus À Puerto Montt, Pépé nous a présenté à son ami le président du club « los lobos » (les loups - de mer), et nous avons été faire notre premier entraînement le soir même. Forcément, cela a été sous la pluie et sans grand monde. Paolo, un joueur chilien qui parle très bien français et qui, comme il habite Puerto Varas, nous emmène avec lui à l’entraînement, nous a dit que c’était comme cela : personne ne vient à l’entraînement mais tout le monde vient pour jouer les matchs. Vous comprendrez alors que leur niveau physique n’est pas bon. Le samedi suivant l’entraînement, nous avons joué notre premier match contre l’équipe de l’université de Puerto Montt. J’ai eu un peu peur quand j’ai vu le contraste entre les deux équipes : une (celle de l’université) pleine de jeunesse et d’entrain à l’échauffement, l’autre pleine de « vieux » et de mollesse. D’ailleurs, la pré-rencontre a été mouvementée, le président et l’entraîneur-joueur se disputant pour la composition de l’équipe. Le différent passé, le match nous a montré diverses caractères du rugby de moindre niveau au Chili : beaucoup de désorganisation, des fautes à tout va et une violence incroyable. En 40 minutes, j’ai pris plus de fourchettes, de griffures, de plaquages à retardement et d’insultes (que d’ailleurs je n’ai pas trop comprises) qu’en 8 ans de rugby en France. Enfin, je suis sorti vivant du match. Quant à Pierre, il a joué ailier et a marqué un bel essai pour son 2e et dernier ballon du match. La troisième mi-temps a été plus sympa et bien arrosée (forcément après une victoire…). Cela faisait bizarre de voir les adversaires rire ensemble après s’être vraiment fait des coups de « hute ». Paolo m’a dit que c’était normal et que cela avait toujours été comme cela. Allez comprendre. Il ne nous reste donc plus que 4 mois pour leur apprendre le french touch !